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La Salsa du Manga




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Au Japon, c’est le saké, le sushi, le karaoké, le mikado ... et Astro le Robot. Il faut se faire une idée, le paradis de la bande dessinée a migré à l’autre bout du monde. Les Schtroumpfs ont de la concurrence.



Table des matières

   Introduction
   Le pire et le meilleur
   Vie quotidienne
   Le manga à la poubelle
   Un monde guère optimiste
   Un poil d’érotisme
   Télé Manga
   La grande invasion
   Le vrai du faux
Introduction

Démons lubriques, écolières sexy, fins apocalyptiques, combats médiévaux , pouvoirs paranormaux, le manga nippon (ou bande dessinée japonaise ; il existe des manga chinois, coréen etc.) impose ses délires aigus et exhume chez les petits européens les perles du périls jaune. Débile le manga ? peut-être, mais cela ne l’empêche pas de générer un chiffre d’affaire d’environ 18 milliards de dollars par an (réparti dans la BD, les films, les vidéos et autres produits dérivés). Phénomène culturel au Japon, la mangamania conquiert, ailleurs, les coeurs des jeunes adultes, les enfants de Candy, d’Albator et de Goldorak.

autre objet cher au yeux des mangaka, les mécha - M.Shirow

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Le pire et le meilleur

Ils se passionnent pour de BD noir et blanc, les magazines, les album cartonnés, les vidéos en version originale, anglaise ou française. Mais qu’est ce qui fait courir les jeunes ? Certains dessinateurs (ou mangaka) réputés tels Katsuhiro Otomo (Akira), Hayao Miyazaki (Grendizer traduit en Goldorak), Akira Toriyama (Dragon Ball), Naoko Takeushi (Sailormoon), Rumiko Takahashi (Ranma ½), Masamune Shirow (Apple Seed, Ghost in the Shell, Orion, etc.) ont un coups de crayon à faire pâlir leur confrère occidentaux. Ces mangaka (littéralement maître dessinateur) peuvent produire jusqu’à 5 récits par mois.

La mythologie, le catastrophisme, la pornographie, la violence, le fanatisme, la gastronomie, le sport, l’économie, l’horreur, la magie, l’espionnage, le manga japonais ose tout !

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Vie Quotidienne

Dans sa version originale, le manga est évidemment imprimé ‘à l’envers’. La lecture commence par ce qui est ‘occidentalement’ parlant la dernière page. La première case dessinée est celle située en haut à droite et non à gauche. Et pourtant, Dragon Ball Z (qui est fort plébiscité par les adolescents) en japonais se vend, en Belgique comme en France ou ailleurs, à des amateurs qui ne connaissent pas un trait de dessin de Kanji ou de Kana . Quel importance d’ailleurs, du moment que ce bouge. Les éditions Tonkam se vantent de distribuer 14.000 Dragon Ball Z sur les territoires français et belge.

A l’encontre des BD américaines (ou comics) empêtrées dans des personnages costumés et manichéens et des BD européennes élitistes ou enfantine, le manga ressemble à un produit de vente à l’abattage (environ 250 magazines sortent chaque mois au Japon, contenant 20 à 50 histoires dessinées, dont certains sont vendu à plusieurs millions d’exemplaires).

le manga est en noir et blanc et se lit de droite à gauche - I''s du maître Katsura

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Le manga à la poubelle

Par son prix bas, son rythme intensif de lecture (le texte dans certains manga n’a que peu d’importance, le dessin sont largement assez ‘parlant’) et son refus de tout intellectualisme (ce qui ne se vérifie pas tout le temps heureusement), il perpétue la tradition d’une BD populaire. 40% des livres et magazines publiés au Japon sont des manga. Ce seul chiffre suffit à décrypter la consommation de dessins à laquelle se livre les japonais : plus d’une BD par mois par habitant (enfants en bas âge et nouveau-nés compris). Pour leur art à bon marché, ils dépensent quelques 6.000 millions de dollars par an. La BD nipponne est souvent vendue dans les kiosques, dévorée en 20 minutes (temps moyen de lecture), éventré de quelques pages ‘à conserver’ et absorbée par l’une ou l’autre poubelle publique. Dans ce pays, où le niveau de vie est l’un des plus cher du monde, un magazine de 300 à 1000 pages, bourré de BD, coûte 60 FrB (± 2$ ou 10 FrF). Pour ce prix démocratique, le lecteur a le loisir d’une revue imprimée en noir et blanc, sur du papier recyclé (qui l’eut crû ? écologie peut rimer avec économie si si !). L’industrie du manga est première consommatrice du papier imprimé (près de 30% au japon).

Dès 1951, le cadre du manga est considérer par Ozamu Tesuka (Astro le Robot, BlackJack, etc.), surnommé Le Créateur, comme ‘une unité narrative pour conter des histoires’. Tesuka définit ainsi la syntaxe du manga : 5 à 10 images par page qui s’entremêle dans l’imbroglio dessiné. Le découpage cinématographique, plan par plan, de l’histoire nous renvoie au plus fouillé des storyboards. Champs et contrechamps alternent si bien que le temps est ici intemporel. Les quelques minutes d’une étreinte ou les quelques secondes d’une fusillade peuvent s’étaler sur plusieurs pages.

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Un monde guère optimiste

Le Tokyo futuriste de Katsuhiro Otomo dans le classique Akira n’est guère optimiste. La ville post-nucléaire est violente. Elle est une cité aux inégalités flagrantes, dirigée par des gouvernements répressifs et corrompus. Comme il est sans doute l’un des manga les moins ‘japonais’ qui soit, Akira sert de fer de lance pour pénétrer les marchés et notamment, le marché francophone. Le manga méconnu jusque là est mal jugé : invendable, inadaptable et intraduisible. Les éditions Glénat qui ont acheté, au début des années ’80, les droits de la série culte d’Otomo, se voient opposer la réticence des puristes, défenseur de la bande dessinée traditionnelle. S’y ajoute la résistance des Agences et Messageries de la presse qui refuseront de référencer la revue jusqu’au numéro 8. Rythmé, le manga contient du sexe ou de la violence et heurte certains esprits (Il est évident que ce ‘scandale’ autour du manga n’est pas pour déplaire aux éditeurs, le parfum de ce dernier à toujours fait vendre ; enfin je m’emporte ... reprenons calmement).

Akira - Katsuhiro Otomo

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Un poil d’érotisme

L’univers X est, au Japon, extrême : sadisme, violence, scatologie, viol ou encore homosexualité. Erotisme et pornographie sont parfaitement autorisés. Mais je vous rassure tout de suite, les lecteurs de ce genre de manga sont adultes et largement avertis. De plus, d’après de nombreuses études, cela permettrait de diminuer le nombre d’agression à tendance sexuelle donc... tout bénéfice (c’est pas les psychologues qui vont s‘en plaindre, quoiqu’il y encore des points obscures dans les raisonnements inconscients des Hommes). La seule chose qui soit interdite c’est le poil ! Lorsque les 30.000 revues érotiques étrangères tentent de franchir la frontière nipponne, elles sont d’abord passées sous la lame de rasoir des douanières , employées à gratter les poils pubiens photographiés. Cette hantise du poils et sa censure conduisent à une bande dessinée et un dessin qui épanchent tous les vices, mais dans lesquels la promise à un visage d’écolière et le corps d’une vierge pubère sans duvet. Ces lolitas (appelées aussi Lolicons, allez savoir pourquoi ?) sont plus souvent prise qu’offertes mais se révèlent bien vite libertines. Leurs visages souffrants ne trompent personne ; ils pimentent...

extrait de Angel de U-jin

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Télé Manga

Chez nous, c’est la télévision qui fut le premier vecteur de la propagation des manga. A l’inverse du japon où l’énorme diffusion du manga a économiquement obligé sa traduction en dessin animés, l’Europe a d’abord apprécié la japanimation (comme vous l’aurez compris il s’agit de l’animation japonaise. Elle se décline en trois formes : les série télévisées {¼h}, les OAV ‘Original Animation for V ideo’ {½ h à ¾ h}et les films d’animation {>1 h}). Voilà une quinzaine d’année que les bambins scotchés devant le petit écran, l’après-midi sabbatique du mercredi, se saoulent au manga animé : Goldorak, Candy, Ulysse 31, Albator, Lady Oscar, Les chevaliers du Zodiaques, Nicky Larson, Sailormoon, Ranma ½, Dragon Ball et ses suites, Sherlock Holmes, Cobra, Tom Sawyer etc. La japanimation se développe surtout via le créneau télévisé, grâce à quelques succès TV phénoménaux. Plus tard, l’OAV ‘O riginal Animation for Video’ et avec elle, la possibilité de créer justement une oeuvre destinée uniquement à la vente en vidéo, libère les jeunes artiste du joug de la série à succès pour la télévision. La japanimation va plus loin et épanche les fantasmes de ses créateurs.

‘Urotsukidoji’ de Hideki Takayama réunit la vision apocalyptique d’une terre infernale, les scènes de sexe amorales (si ca vous fait quelque chose de voir une fille se faire ‘prendre’ par un monstre tentaculaire libre à vous ...), les montres sanguinaires, les épanchements de sang, mais surtout la pensée dramatique de ce que pourrait devenir le monde (mais il avait quand même sauvagement fumer ce jour là !). Une vision moderne de l’enfer dépeint à la Jérôme Bosh (désolé mais je n’ai pas aimé la série de ‘Urotsukidoji’ j’en parle parce que le réalisateur a réussi l’exploit de réunir les différents composants des manga).

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La grande invasion

Comme le Marsupilami ou Astérix le Gaulois, le manga a ses produits dérivés : 800.000 poupées des Chevaliers du Zodiaque, 50.000.000 de vignettes autocollantes de chaque série, des jeux vidéo. De la console au grand écran : le manga est partout ! L’adaptation des jeux de baston au cinéma mêlant habillement castagne et fantastique, attirent les adolescents et avec eux les producteurs du septième art . Les pantins électroniques envahissent les écrans.

Mqauette d'un mécha imaginé par M.Shirow

Il n’empêche, l’idée que des dessins animés ou des bandes dessinées puissent viser un public adulte n’a pas encore vraiment fait son chemin en Europe. Pornographie et violence sont les premiers reproche mis à l’égard du manga né d’un mariage blanc entre un samouraï et un cyborg. Impossible de rester insensible aux passions qu’il déchaîne, aux préjugés qu’il véhicule, les manga est exubérant, pittoresque ou absurde mais toujours chargé d’un ailleurs lointain.

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Le vrai du faux

Les dessins animés japonais utilisent peu d’images à la seconde : FAUX.

L’animation totale, soit 25 images à la secondes , n’est plus utilisée que pur les scène d’une grand fluidité. Même les studio Disney se sont rangé à la norme adoptée des 12 images par seconde. L’idée que les japonais font preuve d’une économie d’animation provient en fait du découpage des scènes d’action ; comme flashées par un stroboscope, les héros n’effectuent pas ou peu de mouvement, les images immobiles sont comme superposées.

Si un sujet vous préoccupe, n’hésitez pas à me faire parvenir un E-mail.

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Auteurs et Sources des informations sur La Salsa du Manga :
Animeland, Kameha, Ambre et une multitude de sites internet qui traite de manga.

   


Dernière Mise à Jour : 2000/02/08

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